Le Secteur de la laine

 Dr S. FAGOURI                                                                                               Janvier 2003

 

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Sommaire

1- Contexte international

2- Contexte national

3- Problématique concernant la commercialisation de la laine

4- La laine produite du Gharb

5- La laine utilisée à Ouezzane

6- Les perspectives de la production de la laine

 

1- Contexte international

 

La consommation des textiles augmente d’une année à l’autre avec la croissance démographique, mais celle de la laine ne suit pas, les causes en sont la diversification des fibres textiles, coton, synthétiques.

 

Les conséquences en sont nombreuses, à l’échelle internationale, on assiste à la diminution des cours mondiaux.

 

Les pays comme l’Australie, la Nouvelle Zélande, la Russie, l’Argentine et l’Afrique du Sud sont les plus grands producteurs, ils couvrent plus de 80 % des besoins mondiaux, eux aussi ont des problèmes de prix.

 

En France le prix de la toison ne couvrent pas le prix de la tonte, tellement que certains éleveurs français, ne tondent leurs brebis qu’une fois tous les deux ans.

 

A l’échelle mondiale, les pays producteurs ont essayé de s’organiser avec les plus grands utilisateurs comme le Japon pour promouvoir la laine. Certains pays ont même essayé de soutenir les producteurs exportateurs comme l’Australie.

2- Contexte national

 

A l’échelle nationale avec l’absence des barrières douanières, la qualité de la production locale et la concurrence des autres fibres, la demande se tasse et elle s’est accompagnée parallèlement d’une stagnation des prix de la laine locale (5 à 7 DH le kg de laine en suint depuis les années 80).

 

Pourquoi importer de la laine au Maroc ?

Les besoins en laine de qualité dépassent la production locale parce que l’utilisation de la laine dans le tissage au Maroc est une activité assez importante. Localement les utilisateurs ne peuvent pas satisfaire la totalité de leur besoins et par conséquent, ils sont obliger de recourir à la laine d'origine étrangère qu'ils importent.

 

La laine d’importation est destinée uniquement aux usines de filature ou de tissage.

 

Il y a aussi la question de la qualité, la laine locale ne répond qu’en partie à un certain type d’utilisation, la meilleure laine c’est celle des agneaux, à condition qu’elle soit vivante.

 

 Le Maroc reste aussi un utilisateur de la laine, les domaines qui consomment la laine sont, principalement, le tapis, la couverture, la draperie, les feutres, le rembourrage des coussins, vient après les vêtements artisanaux, Djellaba et Bernouss, la bonneterie le tricot, la laine cardé, les chapeaux les sejjads, le drapeau national en laine existe aussi…

3- Problématique concernant la commercialisation de la laine

 

 La laine est commercialisée sous plusieurs formes :

 

La laine en suint , c’est la laine locale,  elle est vendue par les éleveurs à la toison de 6 à 10 DH, ce qui correspond en général à 5 ou 7 DH le kg, son rendement au lavage ne dépasse pas 40 %, les déchets représentent parfois 70 %.

 

La laine lavée, peut être d’origine locale ou importée, se vend de 10 à 13 DH le kg pour celle qui est destinée au rembourrage et jusqu’à 30 DH le kg pour la laine fine qu’on utilise pour la Djellaba à ‘’ Bzou et à Ouezzane’’.

 

La laine la moins chère c’est la laine morte, qui provient des tanneries, elle est destinée actuellement au mélange, elle se vent lavée de 6 à 10 DH.  

 

La qualité d’une laine se définit par la finesse de la fibre, plus elle est fine plus elle est chère, et par la couleur, plus elle est claire plus elle est chère.

 

Le prix du fil varie de 45 DH le Kg (laine teintée noire) à 120 DH le kg (laine blanche naturellement), le blanc blanchi coûte au tour de 60 à 70 DH le Kg de fil.

 

Le fil destiné à la chaîne de la Djellaba à Ouezzane coûte entre 80 et 110.

 

Le prix du fil destiné à la trame des Djellaba coûte de 80 à 270 DH à Ouezzane

 

Le fil destiné à la chaîne est produit presque en totalité par les usines de filature comme, Filaine, filroc, filtex…

 

Le fil destiné à la trame est produit pour la Djellaba manuellement et pour le tapis en majorité par les usines.

 

Le bon produit va à la Djellaba de Bzou et de Ouezzane et dans le textile et peut même s’exporter, une laine plus elle est fine et claire plus elle est rare, la laine grossière peut aller dans les coussins le rembourrage.

4- La laine produite du Gharb

 

 La région du Gharb est connue par ses toisons lourdes et sa laine fine, c’est une laine qui est  était recherchée par les artisans de la Djellaba de Ouezzane, apparemment elle est à l’Origine de cette activité au niveau de Ouezzane.

 

Au Gharb la laine après la tonte, elle est collectée par des ramasseurs des souks et acheminée vers les grossistes dépositaires de Kenitra.

 

 5- La laine utilisée à Ouezzane

 

Actuellement cette  laine est de qualité très variable, en tout cas, le Derraz de Ouezzane cherche sa laine à Kelâa des Sraghna, et oui, c’est la laine du Sardi des Sraghna et Rhamna qui est la meilleur. Ce n’est plus la Beni Hsen.

 

Les Grands fournisseurs de Ouezzane sont de la Province de Kelâa, seule une une petite quantité de laine de qualité est achetée à Larbâa de Sidi Issa au Sud de Ouezzane. Elle est commercialisée par des femmes sous forme de laine lavée. Elle est achetée à Souk Larbâa, elle provient le plus souvent de la région. 

 

La Djellaba produite à Ouezzane  se vend de 100 DH à 1000 DH en comparaison avec celle de Bzou qui arrive jusqu’à 3000 DH  le coupant.

 

A Ouezzane, les prix sont en fonction de la qualité à titre d’exemple à la Coopérative Edderraza de Ouezzane :

 

·        Al Habba                                                500 à 700 DH

·        Annamrya                                               500 à 800 DH

·        Al Masloula                                             400 à 600 DH

·        Assalsa                                                   400 à 500 DH

·        Achakhma                                              100 à 120 DH

·        El Baroual                                                 70 à   80 DH

 

Un autre produit mérite l’encouragement : le drapeau national fait en laine, un coupant de 1.50 x 1.00, coûte 65 DH                                      

 

 6- Les perspectives de la production de la laine

 

La question sur le devenir de la laine en général et sur la laine de qualité achetée chez les éleveurs localement est posée.

 

L’utilisation directe de la laine fait, de plus en plus, place à l’utilisation du fil de laine en provenance des filatures industrielles.

 

D’une façon générale le secteur du tissage artisanal agonise de plus en plus, la Djellaba à moindre niveau, les couvertures, fait main, tendent à disparaître.

 

Les prix se tasse de plus en plus, la laine travaillée à la main fait place à celle travaillée par les usines, la laine fait place à d’autres fibres et l’habit artisanale fait place aux vêtements de textiles.

 

La couverture fait main a presque disparu, le tapis stagne, les coussins aussi.

 

Vouloir sauvegarder une race ovine pour sa laine est une erreur.

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